
En juin de cette année et en janvier 2027, les RH belges vont être confrontées à deux réformes majeures. La transparence salariale et le temps de travail. Deux textes, deux calendriers, mais une même question pour les entreprises : comment se préparer dès aujourd’hui, sans subir demain ?
La transparence salariale est une réforme imposée par l’Europe. Une directive européenne sur la transparence des rémunérations (Directive (UE) 2023/970) vise en effet à renforcer l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Cette dernière doit être transposée en droit belge au plus tard le 7 juin 2026.
Les objectifs principaux de cette réforme sont multiples. Premièrement, informer avant d’embaucher. Les employeurs devront communiquer, avant toute discussion salariale, la fourchette de rémunération prévue pour le poste, basée sur des critères objectifs. Deuxièmement, interdire le questionnement sur l’historique salarial. Les recruteurs ne pourront plus demander le salaire précédent du candidat, pour éviter les biais de négociation. Enfin, il y a désormais un droit d’accès pour les salariés à certaines informations. Un travailleur pourra désormais demander outre sa rémunération individuelle, la rémunération moyenne (par sexe) pour un travail identique ou de même valeur, et les critères objectifs déterminant les salaires.
Selon la taille de l’entreprise, des rapports sur l’égalité salariale devront être établis comme le montre ce petit tableau
| Taille de l’entreprise | Obligations de rapport | Fréquence | Première échéance |
| ≥ 250 travailleurs | Oui | Annuelle | 2027 (données 2026) |
| 150–249 | Oui | Trimestrielle | 2027 (données 2026) |
| 100–149 | Oui | Trimestrielle | 2031 (données 2030) |
| < 100 | Volontaire | — | — |
Une autre grande évolution concerne le suivi du temps de travail. A partir du 1ᵉʳ janvier 2027, toutes les entreprises belges devront disposer d’un système pour enregistrer la durée du travail de leurs employés. Cette obligation s’inscrit dans la mise en conformité avec la directive européenne sur le temps de travail (directive 2003/88/CE) et la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) : un système objectif, fiable et accessible est nécessaire pour faire respecter efficacement les durées maximales de travail, les périodes de repos et les droits des salariés.
Ce qui va changer pour les employeurs :
Cette mesure n’est pas sans conséquences. Il y aura un impact administratif : plus de travail de suivi et de reporting. La sécurité juridique sera accrue : les employeurs auront des preuves claires des heures de travail. Plus de transparence pour les salariés est synonyme de meilleure protection contre les abus et discussion claire sur le temps de travail.
Vous n’avez pas encore vraiment mis en place un dispositif pour intégrer ces réformes dans votre entreprise ? Pas de souci, voici deux propositions d’organisation.
1/Cartographier les salaires existants
2/ Structurer une politique salariale transparente
3/ Améliorer les pratiques de recrutement
4/ Mettre en place des outils d’analyse et de reporting
5/ Planifier le reporting légal obligatoire
6/ Communiquer en interne
1/ Faire l’état des lieux des pratiques actuelles
2/ Choisir ou adapter un système de suivi fiable
3/ Intégrer le suivi dans les procédures internes
4/ Sensibiliser les salariés
5/ Préparer l’intégration administrative
6/ Suivre l’évolution législative
La réussite de ces réformes ne repose pas uniquement sur les équipes RH. Les managers de proximité joueront un rôle central dans leur mise en œuvre au quotidien. Ce sont eux qui devront expliquer les critères de rémunération, répondre aux interrogations sur d’éventuels écarts salariaux, encadrer l’enregistrement du temps de travail et maintenir un climat de confiance au sein des équipes.
Dans ce contexte, il est essentiel de les former et de les outiller. Sans accompagnement adéquat, les managers risquent de se retrouver en première ligne face à des questions sensibles, parfois complexes, sans disposer des clés nécessaires pour y répondre de manière cohérente et apaisée. Anticiper ces besoins en formation et en communication est donc un facteur déterminant de succès.
Par ailleurs, ces évolutions s’inscrivent pleinement dans le cadre du dialogue social. En Belgique, la mise en place de nouvelles règles en matière de rémunération et de temps de travail implique naturellement l’association des représentants du personnel. Informer, consulter et, le cas échéant, négocier avec les organes de concertation permet non seulement de sécuriser juridiquement les dispositifs, mais aussi de favoriser leur acceptation et leur appropriation par les travailleurs.
Associer le management et les partenaires sociaux dès les premières réflexions contribue à transformer ces obligations légales en projets collectifs, porteurs de clarté, d’équité et de stabilité pour l’ensemble de l’organisation.
Maintenant, vous êtes presque prêts 😉
Voici quelques recommandations d’outils ou d’applications digitales.
| Besoin principal | Outils recommandés |
| Transparence salariale / équité de rémunération | Pihr, beqom, Workday Pay Transparency Analyzer, Opacity… |
| Enregistrement du temps de travail | Protime, Interflex, Suivo, Planpoint, IDtech, ATOSS… |
| Solution tout-en-un RH + paie | SAP SuccessFactors (via SD Worx), AAPI… |

